Edition 2013

Edition 2013 - 20ème Rallye BRESLAU

Jeudi 27 Juin, nous arrivons sur le 1er camp de cette 20ème édition du Rallye BRESLAU POLAND situé à Lausitzring, 120 Kms au Sud de Berlin. Nous sommes sur un pôle de sports mécaniques constitué d'un circuit asphalte et des divers circuits tout terrain. Nous retrouvons dans l'après midi les autres membres du Team Mécacool. 

La fin d'après midi sera consacrée à l'installation du Team suivi d'un apéro de retrouvailles et d'un fort bon diner préparé par Laurent.  La soirée s'achève gentillement sur une petite poire artisanale.

 

Vendredi : Journée administrative

Reveillés par le soleil, nous entamons cette journée par une petit déjeuné  suivi des derniers préparatifs sur l'auto. Nous embrayons sur la finalisation de l'inscription et le stickage des véhicules. Les vérifications techniques effectuées, nous porterons le numéro 205.

Samedi : Prologue

Le prologue se déroule sur le camp. Le parcours tracé en partie sur un terrain de cross compte environ 4 Kms et que nous devrons effectuer 8 fois. Les 10 premiers numéro (201 à 210) étant attribués exclusivement aux concurrents dans l'ordre d'arrivée au classement géneral de l'édition précédente, nous constatons l'absence des Polonais occupant 3 des 4 premières places en 2012. Le départ étant donné par groupe de trois véhicules, nous partons donc en 1ère ligne aux cotés de l'allemand Martin N°203 et de nos amis Breton N°207. Le ton est donné, cette année nous coulons pour finir sur le podium..... 

Après un départ réussi et les 2 premiers tours en tête, nous commençons à retrapper les concurrents du second départ...A l'approche d'un virage serré je n'ose les dépasser avant, mais le 203 derniers de notre départ en profite pour passer le petit groupe. Les tours se suivent et s'enchainent a bon rythme, ponctués de dépassement des autres concurrents de plus en plus nombreux sur le circuit. Nos amis Breton, bien que mieux suspendus et plus rapide dans le cassant ne parviennent pas à nous doubler car le V8 donne de la voix sur les parties roulantes. Au 6ème tour alors que nous entammons la ligne droite du parcours ou il convient d'être a fonds, le véhicule se met à pétarader et le moteur se coupe... Encore sur notre lancée, j'essaye de comprendre les raisons de cette coupure moteur et constate que la pression d'essence est a 0. Immédiatement je bascule sur la seconde pompe à essence mais déjà nos amis Bretons nous doublent. Nous finirons le prolongue dans leur pare-choc. Nous sommes classés 5ème du Prologue. 

Nous procédons a un controle complet de l'auto et au remplacement de la pompe a essence défectueuse.

Dimanche : SS1 - liaison - Nocturne.

Nous entammons cette 2ème journée du rallye par une petite spéciale de 10 Kms dans les bois autour du camp empreintant partiellement le parcours de cross du Prologue. Pas de navigation au programme car nous circulons sur une parcours balisé. Il n'y a à priori pas de classement pour cette  1ere spéciale puisque le temps est additionné avec l'étape suivant qui a lieu en Pologne à quelques 400 Kms de là, étape de nuit puisque les départs sont donnés a partir de 22 h.  

A l'issue de cette dernière spéciale sur le camp de Lautziring, nous rechargeons les véhicules dans les camions pour une liaison de 375 Kms, direction la Pologne et le camp de Drawsko. Arrivé vers 20 H sur ce nouveau camp, nous avons juste le temps de décharger nos autos et de vérifier le fonctionnement de l'éclairage. Une saucisse dans un morceau de pain le tout copieusement arrosé de moutarde et nous nous présentons au pré-start a 21h30. Les départs sont données 2 par 2 toutes les minutes, au signal nous nous lançons dans ce parcours au road-book pour un circuit de 64 Kms. Le ton est donné, gaz...!! Mais la nuit les choses sont différentes et les premiers trous d'eau boueux ont vite recourvert les phares du toit. Heureusement d'un simple coup de main depuis l'habitacle, nous parvenons à essuyer les feux extérieurs ce qui nous redonne une bonne visibilité. La conduite de nuit est différente, j'en avait oublié depuis plusieurs années les joie et les contraintes.... Le plus gros souci est pour le copilote qui a beaucoup plus de difficultés à identifier les croisements et autres repères sur les cotés. C'est aussi la première étape ou le road-book et la navigation entrent en jeu.

Après un bon départ, nous ratons une intersection à gauche et empreintons un chemin qui nous conduit tout droit dans une mare de boue grise et profonde a souhait..... Nous tentons de la traverser sans succès. Une seconde tentative nous permettra d'en franchir les 3/4, le reste devant être fait au treuil. Mais en ressortant de ce piège, nous constatons qu'aucunes traces de passages n'est présente sur la "rive" opposée. Le doute s'installe, nous sommes hors du parcours, certe non loin car nous entendons rugir les moteurs et voyons à travers l'épais feuillage de la forêt des feux a une centaine de mêtres de notre position. Nous décidons de couper a travers la forêt pour rejoindre le bon chemin .... Le fin d'etape sera effectuée sans problème. Nous constatons cependant que l'eau est présente en grande quantité, le sol est boueux, les fonds de Oups! sont gluant et les passages d'eau bien remplis. Nous rentrons au camp vers 1h30 du matin sans avoir à déplorer de problème mécanique. Nous seront classés 6 ème de cette 1ère journée de course .

Frogorifiés et fatigués, nous décidons d'aller nous coucher immédiatement en vu d'un reveil a 6h30 ce qui nous laissera 2 bonnes heures pour vérifier l'auto avant le départ du lendemain ou plus exactement du matin....

Lundi : Drawsko - 1

Après une nuit incomplète, l'organisation du rallye nous a concocté une première spéciale musclée - 180 Kms sur ce terrain de Drawsko. Terrain composé de Oups profonds et bien gras, de copieux passages de bourbier et de l'eau, en flaque, en gué, en rivière ....  Les départs auto sont annoncés à partir de 8h30. Le Tomcat est prêt, l'équipage aussi. Nous nous lançons le couteau entre les dents, callé sur le road-book, nous roulons a un rythme soutenu sans problème particulier. Trous, bosses, flaques, passage de gués se succèdent. Sur le dernier tiers du parcours nous retrouvons la Grenouille (Green Machine pour les pros!) partis quelques minutes avant nous. Laurent et Stéphane qui étreinnent cette toute nouvelle et belle machine semblent jardiner un peu, nous les passons. Quelques minutes après, nous les laissons nous doubler, en guise de remerciements, nous recevons une gerbe d'eau boueuse au moment du dépassement qui submerge l'intérieur du Tomcat....mais entre amis point de vengeance... Nous continuons à rouler à notre rythme.

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Yann m'annonce une traversée de rivière à quelques mêtres. En arrivant sur les lieu nous appercevons une plaque verte ressemblant étrangement au toit de notre grenouille. Tanké au milieu des flots, Stéphane se jette sur nous en avertissant de la hauteur d'eau présente, environ 2 mêtres. Face a cette vision, nous marquons un arrêt de quelques secondes et voyons arriver en courrant l'organisation qui nous signale une hauteur d'eau important ( comme si on n'avait rien vu..!.) et nous demande d'enlever nos harnais avant de tenter la traversée. Face à cette situation, nous demandons le montant de la pénalité si nous traversons cette rivière par le pont voisin.  1 Heure !  1 Heure de pénalité si nous empreintons le pont.!!! Voyant la position de la Grenouille et sachant que le Tomcat est plus bas d'environ 20 cms, nous n'hésitons pas un instant et franchissons le pont sans remord. Laurent et Stéphane sortirons de la rivière grâce au camion d'assistance mais ne pourront pas reprendre l'étape. 

La vidéo de leur passage que nous n'avions pas vu en direct :

https://www.facebook.com/photo.php?v=10201338408413381&set=vb.100893366645088&type=2&theater

Seulement 5 véhicules ont franchi la rivière tous en perdant du temps pour repartir après si cela était possible. Le N° 203 a lui aussi opté pour la pénalité d'1 Heure en empreintant le pont ce qui a l'arrivée semblait être la meilleure option.

Il reste maintenant 45 Kms de spéciale à parcourir. Malgré l'eau et la boue omniprésentent à chaque trou, le Tomcat continue de bien fonctionner et nous fonçons vers l'arrivée de plus belle. A 35 Kms de l'arrivé, le volant devient dur, la direction assistée semble de plus fonctionner. Je jette rapidement un coup d'oeil sur le voltmêtre et constate qu'il affiche 12 Volts. Ces deux éléments réunient me confirme dans le fait que la courroie moteur est partie...en vacance! Ce qui en soit ne nous pose pas plus de problème que cela car, pouvant isoler les 2 Optima l'une de l'autre, on peut rouler environ 40 minutes par baterie a condition de ne pas treuiller et enfin même si la pompe a eau du moteur n'est plus entrainée, la pompe électrique branchée avec les ventillos suffit à refroidir le moteur. Je préviens Yann de cette situation et décidons de continuer à rouler (même si mes bras ont a compenser les 900/16 en l'absence de direction assistée) jusqu'à la fin si nous n'avons pas à treuiller. Dans le cas contraire, nous serons obligés de stopper pour changer l'élément à l'origine de la perte de la courroie (certainement le galet tendaur grippé) et de replacer une courroie. Cette situation ne nous affole pas car nous avons dans l'auto les pièces de rechange et l'outillage necessaire pour cette réparation qui au pire nous fait perdre un petit 1/4 d'heure. Finalement nous rallierons l'arrivée sans problème à une vitesse un peu réduite sur la fin car le volant prend de plus en plus souvent le dessus sur mes bras...

A l'arrivée, le "Ziel" nous informe que nous sommes la seconde voiture a franchir la ligne ce qui est plutôt bon signe sans forcément déterminer de façon certaine notre position dans le haut du classement de l'étape.

Le Tomcat est minutieusement vérifié après cette grosse journée bien costaud. Outre le galet Tendeur qui est HS et que nous remplaçons afin de remettre une courroie neuve, nous décidons de remplacer l'alternateur qui bien que chargeant correctement présente du jeu sur son axe. Nous décidons de le conserver en rechange dans l'auto et laissons le 3ème alternateurs neuf dans les mâles car nous ne sommes que Lundi ! Nous remplaçons également les plaquettes de frein (a l'arrière seuls subsistent les supports, les garnitures ayant totalement disparues) et ressérons la rotule de pont arrière et son support qui présente du jeux. Les extensions d'ailes commencent à ce disloquer, nous les refixons avec des rivets et des bandes de caoutchouc. Pour le reste tout est OK.  

Nous serons classé 2ème de l'étape sans que le Tomcat n'ai subi de dommage. Avec un temps de 7h04 nous sommes même 2ème au classement général provisoire.

Mardi : Drawsko 2

Après une première spéciale de vrai Breslau de 180 Kms, aujourd'hui nous avons 240 Kms à parcourir sur le même terrain. Bref une seconde grosse journée. A ce rythme de spéciale, il convient d'adopter une style de conduite plus cool, le rallye devient une course d'endurance et non plus un sprint comme les journées précédentes.

Bien que classé 2ème auto la veille, nous entamons cette spéciale en  8ème position sur la ligne de départ car 6 camions -7.5 T sont devant nous en temps d'étape. C'est en voyant la liste de départ que l'on apprécie la difficulté du parcours de la veille. Plus les camions sont devant au départ et plus a été difficile l'étape.

Peu importe ce classement de départ, car ces camions bien que plus rapides dans les passages de gués et de bourbiers, roulent moins vite que nous. L'esprit de la course aidant, aucun d'eux ne refusera de se ranger sur le bas coté si besoin afin de nous laisser passer.

Nous entamons l'étape avec un bon moral et une auto en bon état. Les kilomètres se succèdent a bon rythme. Au passage d'une rivière, nous nous tankons au beau millieu sur un tronc d'arbre. Impossible d'avancer ou de reculer. Yann descend pour accrocher le treuil à un arbre lorsque j'entend derrière arriver des véhicules. Tanké, au milieu, il ne reste plus que les cotés pour passer. Je vois le 203 (parti 1er le matin puis 10 secondes plus 3 camion partis devant nous qui nous passent créant une vague qui submerge l'interieur de la voiture à chaque fois. Le treuil enfin accorché à un arbre, le Tomcat sort de cette rivière et nous reprenons la course. Force est de constater que notre bonne navigation nous avait mis en tête de la course en seulement 25 Kms. Nous repartons de plus et nous rattrapons puis doublons les camions partis devant. Mais jamais très loin, a chaque difficulté, il nous recollaient assez rapidement.

Bosses, creux, bourbiers, lignes droites et virages s'enchainent, se ressemblent tout en semblant différents.... Une énième rivière sur notre parcours que nous franchissons encore une fois sans encombre mais le moteur en remontant la marche de sortie donnent des accouts et monte très difficilement dans les tours. Nous décidons de nous arrêter pour assécher la tête d'allumeur qui depuis le matin s'est certainement remplie de condensation. Cette opération ne dure que quelques secondes à condition d'avoir un chiffon sec a bord, ce qui est encore le cas même si l'eau est parfois monté jusqu'au 2/3 du pare-brise. La tête de delco essuyée, nous profitons de cet arrêt pour nos petits besoins personnels car nous roulons depuis 5 h 30. Au moment de redemarrer le moteur nous constatons qu'il ne tourne pas mieux qu'avant l'arrêt, ce qui signifie que le problème ne venait pas de l'allumeur. Après quelques tests, nous décidons de débrancher le débimètre, le moteur fonctionne sans! Certe de façon "tout ou rien" mais pour l'instant c'est mieux que de rester arrêtés. Nous repartons donc sans débimètre, le moteur fume un peu par excès de richesse mais les montées en charge sont bonnes et la puissance est là !.

Une centaine de kilomètres plus loin, nouveau trou d'eau, nous le franchissons sans trop de difficulté mais en sortant le moteur devient cahotique et ne monte plus dans les tours. Nous stoppons a nouveau pour nettoyer la tête d'allumeur pleine de gouttelletes d'eau mais rien n'y fait le moteur calle toujours. Il redemarre assez facilement mais se coupe quelques secondes après sans pouvoir accélérer. Nous décidons de couper les batteries quelques secondes ce qui a pour effet de vider le calculateur d'injection. Nouvel essai et toujours les mêmes symptômes. Je décide de rebrancher le débimètre et là, le moteur repart comme si de rien n'était.... Solution trouver nous repartons à l'assaut du road-book. 

Les kilomètres défilent encore et toujours...La navigation est bonne car nous recollons et redoublons le groupe de camions qui nous précédaient. Encore un trou d'eau que nous abordons sur le coté droit, un peu au hazard car étant dans le groupe de tête, il n'y a pas ou peu de traces de passages de voitures. Celles des camions sont plus visibles, mais eux ne se posent pas de question a l'approche d'un gué, ils passent au milieu avec aisance compte tenu de leur  garde au sol largement supérieure. Serrant à droite nous progressons jusqu'au milieu du trou d'eau ou nous entendons un gros craquement suivi d'une immobilisation du véhicule au milieu de l'eau. En essayant d'engager la transmission nous entendons un régulier claquement sous l'auto mais aucun effet de motricité ne se fait sentir. Yann sort de l'auto pour reconnaitre ce qui nous reste de gué à passer au treuil. La corde autour de l'arbre, le treuil se tend mais le Tomcat reste immobile, planté dans l'eau. En forçant encore la corde finit par casser. Nous tentons un second essai sans plus de résultat si ce n'est une seconde rupture de la corde. Sans motricité compte tenu du claquement important que l'on entend sous l'auto lorsque j'engage une vitesse, nous decidons de nous treuiller par l'arrière et de ressortir de l'eau. Avec plus de succès, le Tomcat est enfn hors de l'eau et nous constatons que l'arbre de transmission arrière est cassé. Nous démontons les 2 parties pendantes en quelques minutes et faute de passage de délestage, nous devons franchir coute que coute ce gué mais en deux roue motrices uniquement. Nous nous lançons tout les deux a pied dans le gué pour trouver un passage acceptable après avoir effectuer une réparation de fortune sur la corde du treuil avant.

L'option droite s'étant avérer impossible nous optons pour la gauche. Evidement en mode Traction, il ne faut plus rigoler, le vitesse et la puissance du V8 seront une de nos atouts. Le treuil n'ayant plus que 7 à 8 mêtres de corde utile, il est a privilégié qu'en ultime recours sur une très faible distance.

Musique au fonds des bois :

  

Page après page de road-book nous avançons vers l'arrivée toujours un peu plus mais le niveau d'essence commence a être bas et la motricité réduite au pont avant necessite un style de conduite tout a l'élan.... Des ratés moteurs se font entendre assez régulièrement lorsque le véhicule est penché ce qui annoncent une panne d'essence à brève échéance. Le fait d'avoir rouler les 2/3 de la spéciale sans débimètre a considérablement fait augmenter la consommation d'essence mais l'arrivée n'est plus qu'à quelques kilomètres, nous croisons les doigts pour l'atteindre. Arrivant devant un gros trou d'eau marecageux, nous sommes contraint de contourner l'obstacle ce qui nous vaudrait 2 heures de pénalité.

Nous roulons toujours en direction de l'arrivée mais a 4 kilomètres de l'arrivé, une glissage sur une ornière projette le Tomcat dans une facheuse posture de dévers près à se coucher dans le trou. Le manque de motricité nous impose une sortie au treuil mais l'immobilisation penché de quelques secondes aura suffit pour désarmorcer le circuit d'essence. Le moteur est callé, le treuil avant n'a plus que 4 à 5 mêtre de corde que nous accrochons a l'arbre le plus proche. Le treuil arrière servant à maintenir le Tomcat afin d'éviter qu'il ne se couche.... Mêtre par mêtre nous remettons le Tomcat suffisament à plat pour que la pompe à essence se réamorce avec les quelques litres d'essence restant dans le réservoir. Presque 3/4 d'heures seront necessaire à ces manutentions laborieuses et nous reprenons la piste pour les derniers kilomètres restant. Nous franchissons la ligne d'arrivée soulagés après avoir rouler un peu plus de 10 h.

Arrivé au camp en fin d'après midi, nous procédons aux réparations nécessaires. Changement du galet tendeur de courroie, de l'alternateur, des plaquettes avant et arrière et montage d'un nouvel arbre de transmission arrière. Au passage nous remarquons que le silencieux du pot d'échappement n'a plus de fonds, nous le laissons en l'état faute de pièce.

Nous serons classés 16ème de l'étape avec un temps de parcours de 12h06 incluant le CP manqué. Nous passons de 2ème au général à 7 ème ce qui représente une perte de 4 heures pour être sur le podium.  

Mercredi : Drawsko 3

Les jours se suivent et se ressemblent.... mais aujourd'hui c'est 240 Kms de road-book !!!!! Départ 8 Heures, Aujourd'hui il faut assurer et rattraper le temps perdu hier.... Qu'a cela ne tienne, Navigation au Top, Gaz et prudence...Le parcours est un poil plus roulant que la veille et nous commençons a bien connaitre le secteur.....Pas d'incident (ouf!), pas de problème mécanique (re-ouf!), Yann effectue un sans faute, l'étape est avalée en 6h43, nous finissons 4ème de l'étape sans problème....

 

Jeudi : Drawsko 4

Une 3eme spéciale longue de 260 Kms nous attends sur ce terrain de Drawsko, routine ou habitude.?... Ce matin au briefing des pilotes, vu le nombre important de véhicules qui abandonnent chaque jour le rallye, l'orga nous a annoncé une éventuelle intérruption de l'étape à un CP sans autre précision. Cette décision de course devant être prise dans la journée selon..... l'humeur du directeur de course. Bref sans attendre une quelconque pitié de sa part, le Tomcat et son équipage étant 100 % opérationnel, nous partons le couteau entre les dents.

Quelques kilomètres après le départ, 24 pour être précis, nous arrivons sur une tourbière. Impossible de controuner, le choix du passage s'avère inutile, ce couloir de 80 m de large est de toute façon a passer au treuil. Nous nous engageons quasi en face d'un camion de l'orga servant de point de treuillage pour la sortie. A mi traversée le Tomcat s'immobilise (comme prévue!) et nous nous treuillons. En sortant le 4x4 de ce bain, j'entend un craquement cyclique au niveau de pont arrière.... point de doute, c'est le pignon d'attaque qui echappe de la courronne !....Nous pointons le CP de sortie du bourbier. Le TOMCAT grogne et craque a chaque tour de roue, il me semble difficile de finir l'étape en deux roues motrices. A l'aide du GPS nous vérifions la distance qui nous sépare du camp : 12 Kms ! Nous décidons de rentrer au camp pour changer le nez de pont arrière et reprendre la course là ou nous l'abandonnons. Un coup de téléphone aux fistons afin qu'ils préparent l'outillage et la pièce a remplacer et nous voilà partis par la route en direction du camp. Le chrono est lancé, retour au camp, aidés de FX, Edouard et Léopold s'affèrent sur le pont arrière.... 20 minutes plus tard, nous quittons le camp avec un nez de pont tout neuf direction la spéciale à l'endroit exact ou nous l'avions quitté.  1heure et 10 minutes après la rupture de notre pont arrière nous revoila sur le parcours,....!

Gaz en grand car nous sommes parmis les derniers sur ce parcours. Navigation au Top et dépassement de précision ponctuent une bonne partie de la journée. Le Tomcat roule bien et vite. Les trous d'eaux s'enchainent et se suivent...RAS ça roule !!! A mi parcours, nous arrivons sur un trou d'eau au  milieu d'une plaine...malgré un niveau d'eau inhabituellement haut, cet endroit est connu et reconnu. Nous nous lançons à son assaut ou plutôt dans ses entrailles car au milieu de l'eau le Tomcat s'immobilise, penchant profondement dans une ornière du coté droit. Un camion que nous venions de doubler en profite pour nous repasser. Craignant que la vague qu'il crée submerge le snorckel, je coupe le moteur volontairement pour éviter qu'il ne se remplisse par sa propre aspiration... Nous nous treuillons sur le ManCat de l'orga, un SSV planté sur le coté gauche de la beauge profite de notre treuil pour s'extirper à son tour de ce lieu :

 

Après un court arrêt pour vérifier l'abence d'eau dans le filtre a air et un essuyage en regle de l'allumeur, nous redemarrons le moteur qui après quelques hésitations reprend sur ses 8 cylindres. C'est reparti pour les 140 derniers kilomètres. Là encore, navigation au top, pas de problème mécanique, le TOMCAT roule vite. Au fils des kilomètres l'arrière du 4x4 s'allège car partis avec le plein complet soit 180 litres, le niveau descend. Le Tomcat devient plus souple et sur ces chemins roulant, je m'amuse beaucoup ...! Nous remontons un a un les concurrents.

Un nouveau CP se profile a l'horizon.... c'est l'arrivée ! Comme annoncé de manière assez vague au Briefing du matin, la spéciale a été écourtée de 80 Kms ce qui finalement est presque un soulagement mais aussi un regret car notre rythme est excellent et à cette cadence, nous aurions rattraper notre heure de mécanique ....

Retour au camp après 5h50 de course et une 11ème position d'étape, mais le Mercedes G qui était devant nous 5ème au général ce matin a mis plus de 7 heures, l'heure qui nous séparait étant gagné, nous sommes 4ème au classement général provisoire à 3h45 du 3 ème ! Nous sommes plus motivés que jamais et la révision du Tomcat est prise très au sérieux. Pas de souci majeur, remplacement des plaquettes de frein, filtre a air , vérification des niveaux et resserrage de la rotule de pont arrière qui commence à accuser un peu de jeu.

Demain c'est l'hanibal, traditionnellement courrue le Jeudi cette étape culte du rallye est exceptionnellement reporté au Vendredi....autre journée autre surprise.....

Vendredi : Hanibal

A l'occasion de cette transumance vers le sud de la Pologne, le caravane du rallye se déplace de Drawsko vers Zagan, capitale mondiale du 4x4. Profitant de ce déplacement, les engagées en course empreintent pour cette destination les pistes et forêts. Au programme de la journée par moins de 11 spéciales entrecoupées de liaisons. Cette année en raison de la hauteur de l'eau, le fameux pont de Zagan ne fait pas partie du programme, en revanche nous avons au menu un certains nombres de bourbiers bien spongieux.

Le départ est donné à 7h30 pour les motos et 8h30 pour les 4x4. Nous partons 11ème ce matin. Plein d'essence et motivé, nous nous lançons, spéciales après spéciales nous rattrapons et doublons plusieurs concurrents qui nous précèdent. Pas de problème mécanique et encore une navigation au top ! Les spéciales ne dépassent pas 25 Kms entrecoupées de petites liaisons. Nous les enchainons toutes a bon rythme sans observer d'arrêt durant les liaison.

La dernière spéciale  longue de 60 Kms , s'annonce la plus dure de la journée. Bourbier, navigation au cap et grandes bandes de sable. Nous retrouvons dans la liaison qui nous conduit au départ de cette dernière spéciale James Marden et son redoutable Def a moteur V8. N'ayant pas d'ordre de départ pour ce dernier parcours de la journée, nous le laissons partir devant car de toute évidence, il roule beaucoup pus vite que nous a tel point que son Def a parfois du mal à résister. Peu importe, les départs étant donnés avec 1 minute d'intervalle, nous n'aurons pas de poussière devant nous et vraissemblablement pas besoin de doubler..... 5, 4, 3, 2, 1...C'est partie. Gonflés à bloc, c'est plein gaz que nous partons, collés au road book nous enchainons les sous-bois, chemins et pistes de sable. Les bourbiers sont tantôt franchis plein gaz ou au treuil mais nous ne perdons jamais beaucoup de temps. Le temps... justement, à la sortie d'un sous-bois alors que nous roulons au cap, nous croisons James à contre sens. Visiblement perdu, il ne tarde pas a faire demi tour et nous recolle ... Une fois remis sur le droit chemin et recalé sur son road-book, il ne tarde pas à nous passer.. encore un cap dans une large bande de sable ou nous voyons pas mal de quad, motos et SSV tournicoter en rond, visiblement en plein jardinage. Yann m'annonce que la cap à venir conduit à un CP caché derrière un bosquet d'arbres... qu'a cela ne tienne, sauf que des bosquets d'arbres nous en avons a perte de vue.... mais..... aperçu le "petit bonhomme" avec une chasuble orange fluo qui nous observe au loin a moitié caché dans un des bosquet. Coupant a travers le nomansland, nous rejoignons directement le fameux bosquet ou je suis persuadé de découvrir le CP. Gagné ! Le CP pointé, Yann se recale immédiatement et direction l'arrivée vitesse grand "V" encore un trou d'eau ou plusieurs quad et SSV se treuillent gentillement. Nous nous lançons en 2ème courte, les 3 blocs verrouillés .... Le TOMCAT progresse régulièrement mais d'un seul coup, après un clacquement sourd dans la tramission le moteur s'emballe et le Tomcat s'immobilise...!... Par réflexe, je repouse le levier du transfert en courte et l'auto repart...Ouf ! Rien de casser et à notre grande surprise le Tomcat s'extirpe aussi tôt du trou rempli d'eau....L'arrivée est au bout du chemin a quelques kilomètres que nous parcourons sans encombre !

Arrivant au camp, nous ne voyons pas ou très peu de véhicule... c'est putôt bon signe !

Nous aurons roulons 3h05 en spéciale et finissons l'étape Hanibal en troisième position....!!!! Nous sommes toujours 4ème au général à 3 heures du 3ème car durant cette journée Hanibal nous lui avons donc repris 45 minutes.

Samedi : Dernier Jour !

Sous un soleil de plomb, je me reveille en sursaut... drôle de rêve que j'ai fais... ! Le dernier CP au cap n'aurait pas été pointé par le Land 3ème au général... !?!?!? Je m'habille en vitesse et fonce au camion de course pour voir le classement finale de l'étape de la veille...Surprise !!!! Ils ont effectivement loupé le CP et de 3 heures derrière eux, nous ne sommes plus qu'à 1 heure. Je constate aussi que nos amis Bretons n'ont pas pris ce CP qui heureusement n'aura pas d'incidence sur leur 2eme place au général car ils ont encore presque 1 heure d'avance.

Le briefing est à 8 heures, le programme est chargé : plusieurs spéciales sont au menu, allant de 1.3 Kms à 26 Kms, un départ officiel en centre ville avec la parade..etc.etc.

Bref c'est au coeur même du camp que nous nous lançons pour une première spéciale. Devant nous il y a James Marden le "missile", Martin, le 1er au classement général provisoire et 1 camion. Sans peur et sans reproche nous partons a fonds...1 heure c'est 1 heure mais c'est aussi  la 3ème marche du podium qui est en jeu....cependant il semble difficile de remonter 1 heure sur 40 kilomètres de spéciale. Mais avec 5 heures d'avance sur le 5ème du général provisoire, il ne faut pas hésiter... Gaz, Gaz et encore Gaz..... toujours à fond !!!! 1ére courte spéciale avalée, Yann m'annonce à l'arrivée que nous avons atteind un bon 120 Kms/h au GPS sur une des lignes droites et doublé le camion qui était devant nous. Nous enchainons les spéciales les une après les autres, départ en ville sous le soleil puis retour dans la forêt. Encore de beaux bourbiers et un grand passage d'eau que nous avalerons sans aucun arrêt.

A l'arrivée de l'avant dernière spéciale, nous retrouvons le 90 de James à l'arrêt. Sans problème particulier, il redemarre juste devant nous pour la dernière liaison effectuée au Roadbook..... Yann m'annonce qu'il faut tourner à droite alors que James Marden continu tout droit...Nous prenons a droite et quelques mêtres plus loin dans ce chemin c'est le départ de la spéciale. L'organisation nous bloque quelques minutes  car nous sommes la première auto à nous présenter à ce dernier départ, il faut attendre quelques secondes afin que les derniers quad et SSV aient quitté le parcours qui s'annonce étroit. 

Le décompte des 5 secondes est lancé et nous voilà engagés sur cette ancienne voie ferrée encombrée d'arbustes, nous roulons a l'aveugle, poussant, couchant les arbres sur notre parcours ne voyant pas a plus de 2 mêtres devant la voiture. Soudain Yann m'interpelle car il y a un motard roulant au pas essayant de se frayer un passage dans cette jungle....après 2 kilomêtres et un coin d'aile avant droit, nous retrouvons un chemin bordé de rubalise qu'il convient de suivre... roulant le tout pour le tout, nous arrivons sur une piste d'atterrisage désaffectée puis nous pénétrons a nouveau dans un bois toujours en suivant les rubalises, sans roadbook. Un CP se présente à nous, le poinçon réalisé, nous reprenons le chemin et quelques centaines de mêtres plus loin nous arrivons sur le bivouac. Nous sommes le premier 4x4 à franchir la ligne virtuelle d'arrivée, à notre grand regret, il n'y a pas cette année de ligne d'arrivée officielle. Un groupe de joyeux Suisse nous applaudi cependant pour le plus grand plaisir.

Nous avons terminé cette 20ème édition du Rallye BRESLAU qui n'est en fait que la 19ème édition en Pologne. Nous stationnerons notre Tomcat près de la Buvette pour déguster le verre de l'arrivée.

Nous finirons cette dernière spéciale en 3ème position à 62 secondes de "l'Anglais volant" et 2 secondes des nos amis Bretons.

Nous resterons 4ème au général car malgré une totale attaque, nous n'avons repris que 14 minutes sur le 3ème... Nous nous serons battus jusqu'au bout à 100 %, tout en prenant un maximum de plaisir !

Pour la première année depuis que nous participons au Rallye BRESLAU, nous sommes restés à la remise des prix et la fête finale...Pour une première nous n'avons pas été déçus, loin de là, car même si nous ne montons pas sur le podium dans la catégorie 4X4extrem. Nous aurons la joie de gravir les marches en Team, puisque l'équipe Mécacool termine 2ème au classement par Team ! Le reste de la soirée fut consacré a fêter cette victoire en équipe....

Merci à Yann, mon copilote

Merci a Edouard et Leopold, le mécaniciens d'assistance rapide...

Merci à tous les membres du Team Mécacool même si cette année un certain nombre d'entre eux n'ont pas pu rallier l'arrivée.

Rendez-vous est pris pour l'année prochaine...!

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

1. paul 20/08/2013

bravo luc pour cette belle place et c'est agreable de te lire !

2. Loig 27/07/2013

Bravo Luc, joli récit de course :)

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